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Date { Vendredi 1 février 2008 }
Inventaire { Le corps + Les lieux culturels }
Mots-clés{ + + + }

…Voilà bien un récit digne de Tintin, dans la même veine que « Tintin et les sept boules de cristal » (de 1948…ça date!). Le cher et tendre (dont la chair est certes tendre, mais là n’est pas le sujet qui nous occupe), intrigué par une dépêche dans son dernier « Science et Avenir », me demande des explications sur le sujet. Voici la brève :

« La tête maorie reste à Rouen – La justice s’oppose à la restitution à la Nouvelle-Zélande de la tête momifiée maorie conservée au muséum de Rouen [...]. Un arrêt du 27 décembre 2007 du tribunal administratif de Rouen, saisi par le ministère de la Culture, a annulé la décision de la ville, qui souhaitait en faire don à la Nouvelle-Zélande. Motif invoqué : la commission scientifique statuant sur la sortie des pièces des collections nationales n’aurait pas été consultée. En réponse, la ville de Rouen a décidé le 3 janvier de soutenir une proposition de loi autorisant la restitution des restes humains… »

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Non, non, ce n’est pas la tête maorie incriminée !…
Celle-ci vient du musée du Quai Branly, mais comme ça vous voyez à quoi ça ressemble.

Je vais donc tenter d’expliquer tout ce barda, mais voilà bien un sujet assez dense !… Je pense qu’il faudra plusieurs posts pour expliciter toute l’affaire et ses enjeux. Commençons tout de même par l’Affaire elle-même…

En France, il y a 18 têtes maories exposées, dont cinq au Musée du Quai Branly à Paris, issues de voyages d’explorateurs et de missionnaires en Nouvelle-Zélande. Mais pourquoi seulement des têtes ?… En fait, les guerriers maoris étaient décapités après leur mort : leur tête était alors, selon les rites, inhumée/exposée dans un lieu séparé afin de lui donner un caractère sacré et d’honorer la bravoure de ces guerriers. L’humidité et la salinité de ce lieu, assez facile d’accès, permettait la momification progressive de la tête. Les occidentaux passant par là ont pu visiter ces endroits sacrés (généralement des grottes, si j’ai bien compris) et ramener un « souvenir » : une tête n’est pas si encombrante et donne à chacun l’âme d’un Hamlet… Grosso modo, c’est ça.

Tout le barouf commença en octobre, lorsque la ville de Rouen annonça que son conseil municipal avait décidé à l’unanimité de restituer le 25 octobre une tête de guerrier maori, conservée dans les collections de son Muséum d’Histoire Naturelle depuis 1875, suite à la donation d’un particulier. Cette restitution aurait été à peine remarquée si, le 23 octobre, le Ministère de la Culture n’avait pas saisi le tribunal administratif de Rouen. Ce dernier suspendit la restitution.
Pourquoi ?…
Officiellement, car le tribunal a jugé que la commission scientifique chargée d’examiner les demandes de sortie des pièces de collections aurait dû être sollicitée en amont : vice de procédure. Officieusement, selon plusieurs personnalités du monde culturel (qu’est-ce que ça fait secte cette expression !) dont j’approuve le point de vue d’après le peu que j’ai appris et le beaucoup que j’ai à apprendre, le ministère souhaite « montrer » sa vigilance en matière de collections : en effet, depuis quelques mois déjà, le gouvernement en général, et le ministère de la Culture et de la Communication en particulier, souhaite réformer les lois autour des musées -datant de 2002- afin de permettre l’aliénabilité (c’est-à-dire la revente) des collections muséales. Et par ce geste, ce veto, les pouvoirs en place souhaitent « prouver » qu’ils ne vont pas faire n’importe quoi et rassurer le grand nombre d’individus inquiets pour les musées… Mais cela, j’en parlerai plus longtemps dans une prochaine bulle, pas de souci !

Cependant, suite à cette polémique, la ministre actuelle, Christine Albanel, a confié à Jacques Rigaud une mission sur l’aliénabilité des collections publiques. Et, pour enfoncer le clou (et faire chier le gouvernement – y a que ça de bien-), la ville de Rouen a décidé le 3 janvier de soutenir une proposition de loi autorisant la restitution des restes humains, non plus considérés comme des ‘trophées’ ou des oeuvres d’art, mais comme des objets sacrés (et sacrés ils le sont en Nouvelle-Zélande) qui n’ont pas à être exposés de telle manière…

Voilà, dans les grandes lignes, ce qui s’est passé et ce qui se passe. J’ai hâte de connaître la suite du feuilleton !…
Mais pour vraiment comprendre les causes et les conséquences de cette « Affaire », il faut connaître les tenants et les aboutissants, d’où une petite série de bulles à venir… La première portera sur l’origine des collections des musées : ben oui, ça se trouve pas sur les arbres ! Le reste, vous verrez en temps et en heure : un peu de suspense ne fait pas de mal, si ?…


Date { Lundi 28 janvier 2008 }
Inventaire { La vie }
Mots-clés{ }

Avec les danses macabres, on avait déjà pu remarquer que la mort ne laissait pas indifférente. Or, s’il est une époque qui est fascinée par sa propre fin, par son déclin, c’est bien le XIXème siècle finissant. Et l’un des emblèmes de cet amour pour le macabre est le visage de celle que l’on a appelée l’Inconnue de la Seine

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Anonyme, L’inconnue de la seine, 1898-1900, plâtre, Atelier de moulages des Musées Nationaux, Saint-Denis.

Mais qui était-elle ?

L’Inconnue est une jeune femme non identifiée dont le masque mortuaire est devenu un ornement très populaire des maisons d’artistes après 1900. Son visage sera d’ailleurs une source d’inspiration pour nombre de travaux littéraires, tant en français que dans d’autres langues.

Mais d’où vient ce masque ?… Deux origines possibles :
- La première est simple, plausible, mais si plate !… D’après l’affichiste George Villa, l’empreinte aurait été prise sur le visage d’une jeune modèle morte de tuberculose autour de 1875.
- Et l’autre est passionnelle, improbable, mais tellement plus romantique !… De là naîtra d’ailleurs la légende de l’Inconnue… Le corps de cette toute jeune fille, repêché dans la Seine à Paris vers 1880, aurait tellement ému l’assistant du médecin légiste qui fait alors un moulage en plâtre de son visage. Au cours des années suivantes, il sera reproduit à des milliers d’exemplaires et deviendra l’objet d’un véritable culte ; au début du 20ème siècle, il ornait aussi bien les chambres des jeunes filles romantiques que les intérieurs les plus bourgeois. L’histoire de l’inconnue de la Seine dépassa les frontières : dans les années 1920, les jeunes allemandes copiaient jusqu’à sa coiffure en bandeaux.

Réactions passionnées

Du fait de son expression sereine, beaucoup s’interrogeront sur ce que son visage peut révéler de sa vie, sa mort et sa place dans la société. Pourquoi ce sourire de « Joconde noyée » (Albert Camus) ? S’était-elle suicidée, fut-elle assassinée ? Les poètes et écrivains (surtout français et allemands), tous plus éminents les uns que les autres, tous plus bohèmes les uns que les autres, lui inventèrent mille histoires d’amour qui, toutes, la conduisaient inexorablement vers le fleuve.

Voici un petit florilège :
- Maurice Blanchot (France) : « Quand je résidais à Eze, dans la petite chambre (agrandie par une double perspective, l’une ouverte jusqu’à la Corse, l’autre par-delà le Cap Ferrat) où je demeurais le plus souvent, il y avait (elle y est encore), pendu au mur l’effigie de celle qu’on a nommée « l’inconnue de la Seine », une adolescente aux yeux clos, mais vivante par un sourire si délié, si fortuné (voilé pourtant), qu’on eût pu croire qu’elle s’était noyée dans un instant d’un extrême bonheur. Si éloignée de ses oeuvres, elle avait séduit Giacometti au point qu’il recherchait une jeune femme qui aurait bien voulu tenter à nouveau l’épreuve de cette félicité de la mort. » (Une voix venue d’ailleurs – 2002)
- Rainer Maria Rilke (Allemagne) : « Le mouleur que je visite chaque jour a deux masques accrochés près de sa porte. Le visage de la jeune qui s’est noyée, que quelqu’un a copié à la morgue parce qu’il était beau, parce qu’il souriait toujours, parce que son sourire était si trompeur ; comme s’il savait. » (Les carnets de Malte Laurids Brigge – 1910)
- Jules Supervielle (France) : « Elle allait sans savoir que sur son visage brillait un sourire tremblant mais plus résistant qu’un sourire de vivante » (L’inconnue de la Seine – 1931).
- Ernst Benkard (Allemagne) : « Elle apparaît comme un papillon délicat, qui, insouciant et euphorique, a volé droit vers la lampe de la vie, allant y brûler ses ailes délicates. » (Das letzte Antlitz – 1926)
- Louis Aragon (France) parlera d’elle comme étant Bérénice, la jeune fille dont tombe amoureux son héros Aurélien : « cette jeune morte belle éternellement » (Aurélien – 1944)

Une anecdote : en 1933, pour la publication de son texte « l’Eglise » dans une nouvelle collection, un éditeur demanda à Louis-Ferdinand Céline de lui fournir une photographie de lui. Ce que Céline ne fera pas, donnant à la place une photographie du masque de l’Inconnue de la Seine…

Création… ironique ?

Après les années 40, le masque de l’Inconnue de la Seine tomba petit à petit dans l’oubli.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si quelqu’un n’avait pas eu l’idée, aux Etats-Unis, d’utiliser son visage pour « Rescue Annie« , un mannequin très populaire d’apprentissage des premiers secours. Il fut créé en 1958 et utilisé à partir de 1960 pour de nombreux cours et examens. Certains disent alors que le visage de l’Inconnue est peut-être le plus « embrassé » de tous les temps… Drôle de destin !

Cependant, on n’en reparle vraiment que depuis une dizaine d’années, suite à divers travaux sur le sujet, notamment une exposition sur le « Dernier portrait », au musée d’Orsay, en 2002.


Date { Dimanche 27 janvier 2008 }
Inventaire { La ville }
Mots-clés{ + + + + }

Un jeu de mots un peu bancal pour reprendre le clavier, il n’y a que ça de bien !
Au programme du jour : un p’tit focus sur le Centre Pompidou, un des plus grands centres culturels français, avec plus de 6 millions de visiteurs par an… En route donc pour un petit voyage dans le temps afin de comprendre ce que c’est que ce gros machin coloré !

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Le centre pompidou, tel que présenté sur le site officiel

Contexte

Le Centre Beaubourg (ou Centre Pompidou) est le beau bébé du président Georges Pompidou, qui rêvait d’une grande institution culturelle originale au coeur de Paris, ne portant que sur la création moderne et contemporaine. Pourquoi donc ?

Il faut savoir qu’à l’époque, dans les années 60, peu de musées présentaient d’oeuvres d’artistes vivants, ou de l’époque moderne (donc les impressionnistes, les Nabis, etc.) : trop différent, trop moche, trop inintéressant… Les avis ne manquaient pas sur le sujet !… L’art du XIXème siècle n’avait pas encore été redécouvert ; les artistes des années 60 avaient du mal à se faire une place au soleil ; tel était la situation artistique lorsque Georges Pompidou accoucha de ce projet. Cependant, il n’était pas le seul à avoir eu cette idée de génie, il faut le savoir. Avant lui, André Malraux, alors ministre de la Culture (le tout premier en France, d’ailleurs), avait tenté de passer commande à Le Corbusier d’un Musée du XXème siècle, mais il n’eut pas le temps : Le Corbusier mourut en 1965 et lui-même quitta ses fonctions en 1969. Rien n’avait donc été fait concrètement…

…Quand, soudain ! Passant à côté du plateau Beaubourg, alors une grosse verrue dans la plante du pied parisien, Georges Pompidou se dit « Quand même, faudrait mettre un truc plus classe à la place de ce parking ! » (p’tite vidéo montrant à quoi ça ressemblait, au bout du clic : c’est 30 secondes après le début, juste après la grosse moustache qui parle). Hop, hop, aussitôt dit, aussitôt étudié ! Un concours fut mis en place en 1971 pour trouver les futurs (très heureux) pères : le bébé devait être un bâtiment interdisciplinaire, avec une bonne circulation interne, une facilité d’accès aux salles d’expositions… Les arts visuels devaient être en relation avec d’autres arts : littérature, théâtre, cinéma, etc. Il fallait également y installer une bibliothèque publique. Mais, avant tout, il devait « marquer le siècle et la ville de son empreinte », comme l’indiquait la brochure de candidature… Il y eut beaucoup de candidats, tous plus éminents les uns que les autres, mais le prix fut remporté par un duo de jeunes architectes (âgés de même pas 30 ans !) : l’italien Renzo Piano et l’anglais Richard Rogers.

Six ans plus tard, le 31 janvier 1977, le bâtiment fut inauguré. Cela fait 30 ans maintenant ! Pour l’occasion, le centre fait la java, avec une exposition sur Richard Rogers + Architectes et un livre en retraçant l’histoire mouvementée… De nos jours, le Centre est un des lieux les plus fréquentés en France, avec plus de 6 millions de visiteurs comme dit précédemment.

Eh !… Mais qui sont ces zigotos, là, l’italien et le british ?

Les architectes

Ces deux jeunots, plus tout jeunes maintenant, étaient nés dans les années 30. L’un étudia à Milan, l’autre à Londres. Tous deux sortirent de leurs écoles dans les années 60, à même pas 30 ans. Lorsque le projet de Pompidou se présenta, ils s’associèrent et firent naître de leurs cerveaux tous frais le Centre que l’on connaît. Depuis, ils ont été propulsés sur le devant de la scène et leur style particulier s’affirma.

L’un, Renzo Piano, est assez connu de nos jours pour le design de ses musées : il créa ainsi le musée scientifique d’Amsterdam NEMO, le musée de la Fondation Beyeler en Suisse, la Collection Menil à Houston… Il ne fit pas que ça bien sûr, travaillant notamment sur la rénovation de la Potsdamer platz à Berlin ou sur l’aéroport Kansai d’Osaka. Il reçut la plus haute distinction architecturale en 1998 : le prix Pritzker.

L’autre, Richard Rogers, s’est distingué pour la forme très spéciale de ses bâtiments. C’est d’ailleurs son style qui a créé la polémique lors de la construction du Centre Beaubourg : il adore faire de la place à l’intérieur, en mettant tous les circuits et tuyaux à l’extérieur ! Ce style a d’ailleurs reçu un « joli » nom en anglais : Bowellism, en référence à l’intérieur de notre estomac… Richard n’a pratiquement que de beaux enfants : la Cour Européenne des Droits de l’homme à Strasbourg, le Lloyds’ Building et le London Millenium à Londres… Il a été anobli par la reine Elisabeth II en 1981, ce qui n’est pas rien ; il a également reçu l’an dernier le Prix Pritzker, ce qui n’est pas rien non plus.

Ceci étant dit, penchons-nous un instant sur le berceau du nouveau-né.

Le Centre

Que voit-on au premier abord ?… Une structure d’acier à laquelle sont suspendus les étages, visibles de l’extérieur, ainsi que les escalators géants et des conduits de service colorés.

La priorité des jeunes parents était de maximiser la circulation intérieure. Pour cela, tout ce qui gênait le passage a été mis à l’extérieur. Ca, ça vient de Richard… De Renzo, nous avons les couleurs et le design général. Les conduits ont chacun une couleur révélant leur fonction : jaune pour les câbles électriques ; vert pour les fluides (berk) ; bleu pour l’air ; rouge pour la circulation et la sécurité. En outre, dans le but de concentrer les zones d’activité au maximum, le bâtiment est divisé en deux grandes parties : une infrastructure de 3 étages, pour les employés et les salles de service, et une suprastructure de 7 niveaux, avec mezzanine et terrasse. Un beau nourrisson, prêt à affronter les épreuves de la vie en somme…

Mais !… A à peine vingt ans, en 1996, il dut fermer ses portes pour un lifting d’urgence. Pourquoi? Parce qu’il était conçu pour accueillir cinq mille personnes par jour, et il en accueillait en fait vingt-cinq mille! D’où un vieillissement prématuré… Agrandi et réorganisé, il rouvrit tout guilleret le 1er janvier 2000…

Tournons-nous maintenant vers Madame Irma pour en connaître un peu plus sur son avenir !

Son futur

Quatre grandes lignes de futur se voient dans la boule de la voyante.
- Plus de visiteurs pour les mois à venir, puisque le Centre fait partie des 18 musées sélectionnés pour l’expérimentation de la gratuité muséale (mais malheureusement pour les grands centres comme le Pompidou, cette gratuité consiste en l’accès gratuit pour les jeunes de 18 à 25 ans, dans les collections permanentes, le mercredi soir…)
- Une nouvelle ligne de conduite pour Beaubourg : pour la direction, le centre ne répond plus au projet initial de promouvoir uniquement la création moderne et contemporaine. Des idées ont donc été couchées sur le papier et proposées au ministère de la Culture qui doit donner son accord. Parmi les principaux projets : un mini-Pompidou de 800 m² se déplaçant 3 ou 4 fois par an en province ; des expositions monographiques d’artistes au début de leur carrière…
Le Centre se met d’ailleurs à imiter Guggenheim :
- Il aura un petit frère à Metz, du fait du succès du Centre Pompidou. La construction a commencé au début du mois, dirigé par l’architecte japonais Shigeru Ban. Le nouveau centre prend lui aussi une forme futuriste, afin de marquer à son tour le nouveau siècle : sa structure ressemble à un chapeau de paysan japonais. Il ouvrira en 2009, et accueillera les visiteurs allemands, luxembourgeois et belges.
- Et une (jolie ?) cousine en Chine, à Shanghai ou à Hong Kong (La boule de Mme Irma ne peut pas encore nous le révéler…)

Notons d’ailleurs que le petit frère et la cousine du Centre Pompidou bénéficieraient de prêts de ses réserves : le Centre possède en effet 60 000 oeuvres, mais n’en expose que 1 500…

Bref, le bébé de Pompidou n’a pas fini de grandir !


Date { Mardi 11 décembre 2007 }
Inventaire { La Meya bulle! + Les anecdotes }
Mots-clés{ + }

Des fois, je me dis que la limite est assez trouble entre les divinités des différentes religions et les protagonistes des principales lectures de notre enfance-jeunesse-vieillesse-vie (rayer les mentions inutiles). « Comment-ça-pas-du-tout! » me diront certains, criant au sacrilège…
Il n’empêche que lorsqu’on compare Superman, Spiderman, Dr Manhattan, Batman, Flash, les 4 fantastiques, pour ne citer que certains d’entre eux, à Saint Georges, Samson, Hercule, Arachné, Jason, Saint Elophe (ou d’autres saints du même acabit), Zeus… On ne peut que remarquer que tous sont des êtres humains dotés de pouvoirs surnaturels/divins…
Quelques exemples pour rigoler un coup !

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Polyptique de Simone Martini exécuté pour l’église de Sant’Agostino à Sienne & Superman, dessiné par Jerry Siegel à partir de 1938

Commençons par un de mes préférés, représenté juste au dessus (cliquez pour voir l’image originale)

Agostino Novello = Superman, Peter Petrelli, Icare…

Grosso modo, c’était un ancien juriste qui prit le froc au 13ème siècle. Sa vie durant, il s’appliqua à porter les vertus religieuses de l’ordre des Augustins à un degré héroïque (sic), mais, poussé par une charité ardente, il collecta également des fonds pour agrandir, voire même reconstruire un excellent orphelinat et hostel-dieu. Il mourut à Sienne. La plupart des miracles en rapport avec lui furent « vérifiés et authentifiés ». Il fut béatifié et on autorisa son culte en 1770.
Cependant, bien avant cette béatification, il devint le patron d’une église de Sienne et ses miracles posthumes furent représentés par le peintre siennois Simone Martini sur un tableau d’autel composé d’un grand panneau central représentant un immense Agostino, ainsi que quatre panneaux sur lesquels il vole au secours de la veuve et de l’orphelin (comme Lucky Luke, non ?). Mon favori est celui sur lequel Agostino plonge vers un enfant tombé d’un balcon… Il trouve en plus le temps de ramasser la planche tombée du balcon ! Il y en a un autre sur lequel un enfant se fait agresser par un loup féroce quand tout à coup Agostino apparaît derrière un toit…
Même si c’est un sujet apparemment sérieux, empli de métaphores religieuses, comme nombre d’oeuvres du Trecento, c’est-à-dire la pré-Renaissance italienne, voir un moine voler comme Superman (ou Peter Petrelli de Heroes, ou…) ne peut que faire sourire.

Samson = Superman, Hulk, Hercule…

Samson était dans l’Ancien Testament un des Juges d’Israël, plus précisément celui qui devait libérer Israël de la coulpe des Philistins, qui gouvernaient en tyrans. Peu avant sa naissance, sa mère, jusqu’alors stérile, apprit de l’ange de YHWH qu’elle allait enfanter d’un fils qui délivrerait Israël. Cet enfant devait être consacré à Dieu, dès sa naissance, en tant que « Nazir ». Les lois relatives au Nazir impliquent notamment que le rasoir ne passe jamais sur sa tête et qu’il ne consomme jamais d’alcool. L’ange disparut alors dans les flammes et elle reconnut que c’était un ange de Dieu (et pas avant). Samson naquit et grandit, manifestant une force herculéenne, tuant un lion à mains nues, combattant mille philistins armé d’une mâchoire d’âne seule, etc. Cependant, une femme, Dalila, découvrit quelle était sa kryptonite: ses cheveux. Elle le tondit (ça devait être du boulot : il était aussi poilu que Chabal!) dans son sommeil et le donna en chair à pâtée aux Philistins.
On reconnaît ici les principaux éléments d’un bon film à l’eau de rose : un homme plus que viril, une femme fourbe, une romance tourmentée, une fin tragique… Et justement, cette histoire fut adaptée en opéra (composé par Camille de Saint-Saëns), puis en film (en 1949, réalisé par Cecil B. DeMille) et obtint deux oscars.

Y en a encore plus !

Citons :
- Hermès/Mercure dans l’Antiquité = Flash
tous deux se déplacent à la vitesse de la foudre ;
- Xiuliteuctli chez les Mayas, Héphaïstos/Vulcain dans l’Antiquité = la torche humaine
tous s’enflamment pour le feu ;
- La Pythie de Delphes dans l’Antiquité = Isaac Mendez
tous ont le don de voyance, de précognition ;
- etc, etc !

Mais pourquoi cet intérêt pour des individus aux pouvoirs hors normes ? Citons Saint Wikipedia (celui-ci ne parle qu’anglais, désolée) :

La « philosophie » autour des superhéros fut essentiellement formulée par le célèbre sage grec Aristote : les hommes possédant des vertus et une maîtrise de soi hors du commun transcendent nécessairement le cadre bureaucratico-administratif de l’humanité.
« Il existe des hommes », écrivit Aristote, « si semblables aux dieux, si exceptionnels et si beaux qu’ils transcendent naturellement, par leurs dons extraordinaires, tout jugement moral et tout contrôle constitutionnel : ‘Il n’y a pas de loi qui puisse concerner des hommes de ce calibre : ils sont la loi-même. »(Hughes-Hallett, Lucy. Heroes. Alfred A. Knopf, 2004.)

Conclusion

Tous ces gars sont représentatifs de l’imaginaire et des fantasmes humains qui, par nature, n’apprécient pas les règles, mais en crééent (ou en découvrent) sans cesse… Ainsi, nous, cloués au sol par la gravitation, nous parlons d’individus volants ; nous, prisonniers du présent, nous rêvons de prophéties ; nous, faibles et frêles mortels, nous désirons être immortels ou ultra puissants ; nous, pacifiques moutons, nous émeuvons à propos de serial killers tout-puissants… Seuls ceux qui sortent de la norme retiennent l’attention et l’émerveillement des quidams insignifiants que nous sommes.

Heureusement pour nous, ces divinités et ces superhéros n’existent pas et ne peuvent exister ! Certaines études scientifiques furent publiées sur le sujet. Sirtin en parla il y a quelques temps. Evoquons également ce site personnel, recensant diverses réponses scientifiques à la superhéros-mania.

Bref, comme dirait le vieux pote Secoue-poire, « They are the children of an idle brain / Begot of nothing but vain fantasy, / Which is as thin of substance as the air / And more inconstant than the wind. » : ce sont les enfants d’un esprit oisif, nés de rien si ce n’est la vaine fantaisie, qui a aussi peu de substance que l’air, et qui est plus inconstante que le vent… Retour à la réalité donc, n’essayons plus de faire pareil que Superman ou Catwoman -c’est trop dangereux- et contentons-nous de lire les comics !


Date { Mardi 4 décembre 2007 }
Inventaire { Les anecdotes }
Mots-clés{ + + }

Et voilà bien un sujet qui en titillera plus d’un! Je veux bien sûr parler des corsets… Non pas de leur utilisation aujourd’hui, mais plutôt des mythes et clichés qui les entourent. Et il y en a beaucoup plus qu’on ne croit !… Il est étrange de voir qu’un objet semblant n’avoir plus d’utilité qu’érotique de nos jours est encore aujourd’hui entouré d’idées préconçues récurrentes… Mais si l’on étudie un peu l’histoire du costume, ses significations sociales et ce qui était réellement pratiqué à l’époque, le fait de se pencher sur les arts et techniques de la corseterie, d’en réaliser de ses propres mains, d’en porter, d’en parler, permettent pourtant de comprendre beaucoup de choses…
Voici donc un synopsis des clichés qui reviennent le plus souvent !

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Photographie vintage issue de l’album d’otisourcat sur flickr

« Certains médecins enlevaient les côtes des femmes pour qu’elles puissent serrer davantage leur corset »

Les techniques chirurgicales à la fin du XIXe siècle (sans parler de l’anesthésie encore balbutiante, pratiquée au chloroforme…) étaient encore trop sommaires et supposaient un taux de décès considérable lors de toute opération chirurgicale invasive, parfois de 50% et plus. Notons d’ailleurs que lors de la guerre de Sécession, lorsqu’on utilisa massivement les canons et autres armes « industrielles » pour la première fois de l’histoire, nombre de soldats moururent simplement parce que les chirugiens de l’époque étaient dépassés et ne savaient vraiment reconnaître les infections à temps : ils considéraient notamment que lorsqu’une plaie se couvrait de pus, c’était bon signe… Quant à l’hygiène, n’en parlons même pas !
Bref, comme le note cet article de Snopes (site anglosaxon spécialisé dans les légendes urbaines, un peu comme hoaxbuster pour les francophones) « croire au mythe des côtes enlevées chirurgicalement à la fin du XIXe siècle, c’est croire que, à une époque où même la plus simple opération chirurgicale se révélait souvent fatale, les femmes faisaient la queue pour prendre ce risque et les chirurgiens recousaient joyeusement à tour de bras.« .
Apparemment le canular existait déjà… dans les années 1900 ! Il aurait été lancé par l’imprésario des Ziegfeld Follies à propos d’une de ses actrices en 1890 pour la rendre plus intéressante grâce au scandale. Même s’il semblerait qu’une ou deux femmes fortunées aient subi l’opération, nous n’avons aucune information pertinente sur le sujet. Or une telle opération aurait inévitablement fait la une des journaux et la fortune d’un chirurgien… Ca n’a donc jamais été une pratique répandue chez les femmes de l’époque…

« Les corsets sont coupés de façon à mettre la poitrine en valeur »

Vrai et faux. Les corsets ont changé de but au fil des siècles. S’il est vrai qu’aujourd’hui les corsets mettent le torse en valeur, ce n’est pas le but originel. Lorsque le corset tel qu’on le connaît, c’est-à-dire avec des baleines, fut créé, il était conçu de telle façon qu’il affinait et aplatissait le torse de la demoiselle (ou du damoiseau, mind you) qui le portait.
Petit à petit, son utilisation s’est modifiée de l’aplatissement du torse à l’affinement de la taille. Si aujourd’hui la gorge est souvent la partie la plus érotisée, au XIXe siècle c’était la taille et sa finesse qui étaient le plus regardées et vantées… On a d’ailleurs à de nombreuses époques utilisé des rembourrages divers sur les hanches, pour accentuer visuellement la finesse de la taille. Les jupes furent elles-même mises en forme par des corps baleinés rigides.
Mais je pense qu’il est plus intéressant de voir sur ce lien l’illustration de l’évolution de la mode féminine au XIXème siècle. Pourquoi user de mots quand les images en disent long ? Voir également ce site, assez bien illustré.

« Certaines femmes de 1900 sont mortes à cause d’organes perforés par des côtes écrasées par leur corset »

Encore une fois faux ! Le seul fait divers qu’on ait à ce sujet (on en trouve les détails dans le lien donné juste au dessus) parle d’une jeune fille de 16 ans ou 18 ans, lors d’un bal dont l’année fluctue entre 1850 et 1910 suivant les sources (encore une caractéristique des hoaxes…), où elle voulait trouver un prétendant à tout prix et séduire par l’extraordinaire finesse de sa taille, aurait serré son corset bien au-delà de ce dont elle avait l’habitude. Complimentée par tous lors de la soirée, elle aurait en fait souffert le martyr et serait morte quelques jours après. L’autopsie aurait révélé que la perforation du foie par une côte cassée était à l’origine de la mort. Fin de l’histoire. Mais, il y a quelques incohérences tout de même dans cette histoire tout juste bonne à faire pleurer dans les chaumières…
Premier élément : une jeune fille avec le foie perforé ne devrait-elle pas être en train de se tordre de douleur par terre, ou du moins de suer à grosses gouttes, visage déformé par la souffrance, plutôt que de se faire complimenter sur sa bonne mine ?
Deuxième chose : l’autopsie n’était pas aussi courante à l’époque, surtout pour un cas qui n’était visiblement pas un meurtre. On a là une projection de nos habitudes actuelles… Jusqu’en 1880, les techniques policières étaient assez sommaires. Pour exemple, les empreintes digitales, considérées comme des preuves flagrantes de nos jours, étaient encore l’apanage d’initiés et n’avaient pas encore prouvé leur utilité.
Troisième chose (ceux qui n’ont jamais porté de corset ne peuvent pas le savoir), il ne suffit en aucun cas d’ »ignorer la douleur » pour pouvoir serrer autant que l’on veut, quitte à se briser les côtes : le corps, tout autant que les matériaux du corset lui-même, ont leurs résistances… et quand ce n’est plus possible, ce n’est plus possible ! Techniquement, il semble à peu près impossible de briser un os avec un corset tel qu’on sait parfaitement qu’ils étaient faits à l’époque, dans des conditions de santé normales.
Mettons que ce malheureux accident soit arrivé à une ou deux femmes, probablement fragilisées par une ostéoporose ou autre maladie osseuse, transformant leur cas en un fait divers de journal à sensation ; en aucun cas cela n’a été une hécatombe ou une chose relativement courante !

« Le record de la taille la plus fine en ce temps était de 16 centimètres (la même taille qu’un cou) »

Ca m’a fait sourire de découvrir ce cliché, puisque je le croyais moi-même ! En même temps, lorsqu’on voit des photos de Mademoiselle Polaire, qui était une actrice et chanteuse française -assez connue pour sa taille de guêpe et ses moeurs à polémique- à la fin du siècle dernier, comment ne pas se laisser avoir ?
En fait, les centimètres ont été confondus avec des pouces anglais (inches). C’était déjà une taille considérée comme trop fine au XIXe siècle (au point d’être vraiment vue comme excessive et peu esthétique, même à l’époque!), et rarissimement atteinte par une poignée de femmes qui avaient choisi de s’y consacrer corps et âme, serait de 16″, soit 40,5 cm.
Par ailleurs, un cou de femme très fin fait plus de 30 cm de circonférence, 35 cm et plus ne sont pas rares… C’était donc bien d’inches qu’il s’agissait ici.
Notons par ailleurs que le tightlacing (c’est-à-dire le port d’un corset 23h/24 sauf pour la douche, 7 jours/7) est pratiqué aujourd’hui par une petite poignée de passionnés dans le monde, essentiellement aux USA. Quoi qu’on pense de leur passion, ils vivent exactement le même type de conditions que les femmes des années 1850-1910, et fournissent ce faisant une quantité énorme de données sur ce qui est possible avec un corset et ce qui ne l’est pas. Une taille de 16 cm ne l’est pas.
La taille la plus fine jamais enregistrée au monde est celle d’Ethel Granger (1905-1982) : 13″, soit 33 cm, vers 1938, enregistré au Livre Guiness des Records. Personne n’a jamais atteint à nouveau cette taille depuis -et heureusement pour la santé !-. L’actuelle recordwoman mondiale est Cathie Jung : 15″, soit 38 cm.

« Le corset est une torture, qui fait souffrir perpétuellement les femmes! »

Même si j’ai pu voir diverses modes complètement absurdes et faisant plus de mal que de bien, la mode du corset n’est pas l’une d’entre elles. Les femmes portaient un corset comme on porte un soutien-gorge de nos jours, sans arrière-pensées ni souffrances (excepté pour certaines féministes extrêmes qui brûlèrent ce qu’elles appelaient « l’instrument de leur joug »…Pensons notamment à cette femme qui dernièrement a fait scandale lors de l’annonce des vainqueurs du prix de Flore).
Certes, une femme adulte souhaitant porter un corset un jour ne pourra avoir directement la taille d’une Pauline Polaire : à l’époque, les filles et certains garçons, portaient depuis leur plus jeune âge un corset afin de « former » leur corps. De cette façon, on empêchait les côtes flottantes de se développer, de la même façon que l’on bandait les pieds des femmes chinoises pour qu’ils restent petits…
Celles qui répandent ce genre d’à propos ont généralement essayé un corset « prêt-à-porter », donc pas du sur-mesure. En outre, elles ont voulu imiter les scènes de laçage, assez souvent photographiées ou, actuellement, mises en scène dans certains films -Titanic par exemple-. Le résultat ne pouvait qu’être désagréable voire douloureux, surtout que bien souvent elles le serrent trop au niveau de la cage thoracique…

En savoir plus

- Le corset, une torture ?
- Histoire des déformations du corps féminin
- Une galerie de corsets d’époque

 » Contient les forts, soutient les faibles, ramène les égarés.  »

-Slogan publicitaire d’une vitrine de corseterie-


Date { Mardi 27 novembre 2007 }
Inventaire { La vie + Les anecdotes }
Mots-clés{ + + + }

Y a pas de quoi attirer le chaland au premier coup d’oeil sur les danses macabres… Mais si on regarde par exemple un des thèmes choisis par les blogbédéistes Chicou-chicou (comment, vous ne connaissez pas?… Foncez vite voir!), le macabre peut être intéressant, attachant presque. C’est d’ailleurs en suivant avec avidité leur délirante épopée autour de la Peste qu’il m’a paru intéressant d’aborder le thème du macabre, ne serait-ce que de manière très succinte.

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Au Moyen-Âge, la mort était omniprésente ; tous mouraient de façon prématurée, pour diverses raisons : famines, guerres, épidémies, mauvaise hygiène… Résultat d’une prise de conscience et d’une réflexion sur la vie et la mort, dans une période où celle-ci est devenue plus présente et plus traumatisante, le Dit (ou la Rencontre) des Trois Morts et des Trois Vifs apparut vers 1280. On y représente, sous forme de peinture, de miniature, d’enluminure ou de sculpture, trois cadavres s’adressant à trois jeunes piétons (ou trois jeunes cavaliers) richement parés, souvent en train de chasser.

La morale de ce Dit n’est pas la mort en soi, mais l’avertissement d’une décomposition charnelle dans un futur plus ou moins proche. Les squelettes déclament d’ailleurs ceci aux vivants : « Tel je fus comme tu es, et tel que je suis tu seras / Richesse, honneur et pouvoir sont dépourvus de valeur au moment de votre trépas. »

Pas vraiment quelque chose de bien optimiste, on va dire…

Depuis, cette iconographie s’est diversifiée et a abouti, au XIVème-XVème siècle, aux danses macabres que nous connaissons, où sont entraînés inexorablement tous les humains, quelle que soit leur position sociale, dans un cortège solidaire vers un destin commun : Papes, lansquenets et paysans, tous mourront et partagent dès lors une farandole avec leurs futurs semblables aux visages grimaçants…

Façon d’aller au dessus de la peur de disparaître, de mourir ? Façon de mieux vivre, et donc de mieux mourir? Possible… Après tout, vers la même époque furent publiés deux textes latins datant respectivement de 1415 et 1540 sur l’Ars moriendi, littéralement l’art de mourir… Ils se proposaient d’aider leurs lecteurs à bien mourir, selon les conceptions chrétiennes de la fin du Moyen Âge. Très populaires, ces livres ont été traduits dans la plupart des langues d’Europe de l’ouest, fondant une tradition littéraire des guides de décès et de sa bonne pratique.

En somme, le décès était très présent dans la culture médiévale… Et aujourd’hui encore ! Il n’y a qu’à évoquer deux séries américaines sur ce thème : Dead like me et Six feet under. L’une met en scène une adolescente fraîchement décédée qui se retrouve au poste de faucheuse, et l’autre une famille de croque-morts…

Qui a dit qu’il ne fallait pas rire de la mort ? Assurément pas eux, ni Chicou-chicou !

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