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Date { Dimanche 10 mai 2009 }
Inventaire { La vie + Le corps }
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Depuis la fermeture à grand bruit de l’exposition « Our Body : à corps ouvert », mes stats grimpent doucement mais assurément… Ce qui m’a agréablement surprise, même si je me dois de vous faire un aveu : je suis plutôt de ceux qui se réjouissent que ce type d’exposition ferme. Pourquoi ?

L’origine des corps et leur contexte

Déjà, on a souvent fait un parallèle entre les corps présentés dans les catacombes et ceux de l’exposition « Our Body ». Or, il y a des différences importantes entre ces corps des catacombes et ceux de l’exposition. Premièrement, les catacombes de Paris [clic pour plus d'info] et celles de Palerme [idem: clic pour plus d'info] sont à prendre dans un contexte historique tout à fait différent. A Palerme, c’était un honneur d’être exposés ; à Paris, c’est en partie une histoire de « manque de place » et de contexte socio-politique. Je ne m’étendrai pas là dessus, mais si le rapport à la mort vous intéresse, je ne saurai que vous conseiller les livres de Philippe Ariès et de Michel Vovelle qui se penchent sur la question. C’est tout à fait fascinant… mais ça ne répond pas à notre problème « Our Body » !

Il se trouve que nous sommes dans une société où le corps humain est à la fois protégé et exploité dans deux directions extrêmes. D’une part, on protège les patients/mourants en leur faisant signer des autorisations et des dons d’organes ; d’autre part, il y a la chirurgie plastique (utilisée de façon artistique ou non) etc. Dans le deuxième cas, on peut évoquer ce collectionneur qui a acquis le tatouage d’un homme vivant, ou encore ce condamné à mort qui accepte que son corps soit lyophilisé en nourriture pour poisson après son exécution… Bref. On n’arrive pas encore à notre sujet, huhu… (et tout ça, je l’ai déjà évoqué, de façon plus détaillée, dans cette bulle-là)

Dans le cas qui nous occupe, la raison pour laquelle cette exposition a été fermée (qui est également la raison pour laquelle le recours en appel a été rejeté) c’est l’origine des corps. L’entreprise organisatrice affirme que ces individus avaient accepté clairement que leur corps soit utilisé dans le cadre d’une exposition, mais jamais, au grand jamais elle n’a fourni de preuves. Et c’est de là que vient le scandale ; peu importe qu’il y ait d’autres expositions dans le même genre ailleurs…

L’utilisation des corps dans l’exposition

Ensuite, à propos de l’utilisation des corps dans l’exposition, il peut paraître pédagogique d’exhiber des corps en train de jouer aux échecs ou de tirer à l’arc afin de montrer le fonctionnement des muscles, mais les gens s’y intéressent-ils vraiment ? Ils viennent plus pour voir de la bidoche humaine tout comme on venait voir les « nègres » aux expositions internationales… L’homme est un loup pour l’homme, les latins l’avaient bien compris.

Donc, artistique ? non, pas vraiment. Scientifique ? peut-être. Mais s’est-on demandé comment faisaient les artistes et les scientifiques pour maîtriser toutes les arcanes du corps humain ? D’une part, ils assistaient aux opérations et aux autopsies qui pouvaient être publiques à l’époque ; d’autre part, ils se servaient de modèles vivants (nus ou non), de photographies, mais également de ce qu’on appelle des « écorchés » : des statues qui reproduisent fidèlement le corps humain sous tous ses angles, à diverses strates.

En cela, je regrette vraiment que l’exposition de l’école des Beaux-Arts « Figures du corps » n’ait pas été plus médiatisée et prolongée (vous en avez une petite présentation par là) : beaucoup de ces écorchés, en sculpture, en peinture, en dessin, y avaient été présentés. On y retraçait également l’histoire de l’étude du corps depuis l’antiquité avec quelques approches parfois plus scientifiques.
L’ensemble était très éducatif, plutôt bien organisé (je regrette simplement le manque de transition entre la partie principale de l’exposition sur l’étude artistique du corps avec les parties connexes sur l’étude du rapport homme/animal et celles de l’étude, plus ou moins scientifique, des caractères humains. J’avais déjà parlé de cette exposition dans le 3e opus de mon dossier sur le corps représenté.

un peu de lecture ?

Si l’exposition est déjà close (fort malheureusement, ay ay !), les Beaux-Arts proposent un catalogue d’exposition très complet, sous le même nom: « Figures du Corps« . Si ce sujet vous titille et que vous ne regardez pas à la dépense, foncez, c’est 75€, si je me souviens bien.
Et si vous vous intéressez au corps en tant qu’artistes, il y a également une BD très pédagogique « Petit Traité de morphologie: d’après les cours donnés par Jean-François Debord » par Agnès Maupré. Celui-là je l’ai, je l’ai dévoré et je peux dire qu’il vaut le coup: de l’humour, de la pédagogie, de la logique, de l’anatomie…

Bref, bref, personnellement, après avoir vu l’exposition « Figures du corps », je me dis qu’on aurait pu se passer de « Our Body » qui est, lui, plus voyeuriste et consumériste que pédagogique… Et justement, le fait que les corps soient plastinifiés à tel point qu’on en oublie que ce sont de vrais corps me semble montrer à quel point « Our Body » était ‘inutile’ de mon humble point de vue.


Date { Samedi 7 février 2009 }
Inventaire { La vie + Le corps }
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Allez, on va conclure tout d’même! Donc passons aux problèmes d’aujourd’hui pour arrêter de penser à ceux d’hier…

Problèmes éthique et esthétique

La réification du corps qui se plie à tous les désirs pose aujourd’hui de nombreux problèmes1. Il est difficile de fixer une limite à ces expérimentations voire à ces débordements. Différents artistes feront d’ailleurs appel aux outils polémiques pour concevoir leurs œuvres d’art. Il est difficile de ne pas évoquer à ce sujet le travail d’Orlan, qui utilise son corps comme matière première et la chirurgie esthétique comme outil.

orlan

Détail d’une photo d’Orlan
Pour en savoir plus sur cette artiste, voir cet article de Ciel Variable.

Il y a déjà eu de nombreux débats sur l’exposition « Our body » pour déterminer ce que la science a le droit de faire des corps qui lui ont été donnés : est-on certains que les personnes qui ont donné leur corps il y a des années de cela auraient approuvé cette exposition de leurs corps disséqués ? En effet, cette exhibition de 22 cadavres et de dizaines d’organes humains pose quelques questions dérangeantes. Contrairement aux cadavres classiques exposés dans les salles d’anatomie des universités de médecine, en position allongée, les corps exposés à Londres pourraient être vivants: l’un d’entre eux semble vouloir lancer une fléchette, un autre fait des étirements, comme lors d’un cours de gymnastique, un troisième est assis, un quatrième lance une balle de basket-ball. Tous sont nus, disséqués au niveau d’une partie différente du corps, afin de révéler leur face cachée: depuis le squelette jusqu’aux muscles en passant par les nerfs ou les artères.

ourbody

Photographie de l’exposition Our body
quand elle était à Lyon il y a quelques mois

Si le XIXème siècle était une époque contradictoire alliant l’extrême pudeur à la « débauche » en privé, notre époque ne l’est pas moins. Il est ardu de faire l’association entre le débat sur l’euthanasie et le droit de s’ôter la vie avec assistance médicale, et les artistes qui se modifient dans leur chair pour transmettre un message conceptuel. Outre Orlan, nous pouvons d’ailleurs citer l’artiste chilien Marco Evaristti qui acheta le corps d’un condamné à mort afin de le lyophiliser en nourriture pour poissons, mais aussi Ian Usher, cet homme qui vendit sa vie sur Ebay en juin 2008, et ce collectionneur qui acquiert le tatouage d’un homme vivant, Tim Steiner.

steiner

L’artiste Wim Delvoye travaillant
sur le tatouage de Tim Steiner.
voir cet article de 24heures.ch

Face à ces actions, qu’il semble difficile d’appeler « œuvres d’art », on ne peut que s’interroger sur les limites entre science, éthique et esthétique, et sur l’influence de l’évolution de notre regard sur le corps. S’il ne nous importe plus qu’un individu achète le corps d’un autre encore vivant pour en faire ce qu’il souhaite, quelles autres œuvres nous présentera-t-on ? Est-ce vraiment de l’art que d’utiliser le corps humain réel pour ses projets dits artistiques ?

  1. On le savait déjà []

Date { Jeudi 5 février 2009 }
Inventaire { La vie + Le corps }
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Vous l’aviez peut-être deviné vu la conclusion de la précédente bulle, à moins que vous ne vous souveniez du « plan » de l’introduction : on va aujourd’hui parler des Arts de la Science et de la Médecine.1

Science

Les études du corps par la médecine, et la Science en général, ont elles aussi joué sur la transformation de notre relation au corps et a eu une forte influence en art : dès le XVIème siècle, l’anatomie est partie intégrante de l’éducation des peintres. Elle est enseignée dans les académies et les écoles d’art à partir du dessin d’après l’antique et de la dissection des cadavres. Des études préalables à la représentation analysent en détail toutes les parties du corps.

L’exposition qui a eu lieu à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris jusqu’au 4 janvier 2009, Figures du Corps, est édifiante à ce sujet2. Si dans la grande salle on s’intéressait tout particulièrement à l’étude anatomique depuis la Renaissance jusqu’à nos jours et à la représentation de la perfection corporelle, une portion de l’exposition à l’étage s’intéresse au rapport entre science et corps au XIXème siècle.

Il en ressort que les différences physiques entre « races » humaines étaient listées, analysées et servaient au final l’idéologie raciste comme quoi l’homme occidental est supérieur aux autres races. Pour exemple, on notait l’angle entre le menton et le visage et on prétendit que plus l’angle était proche de 90°, plus la personne ainsi étudiée était proche de la perfection antique. A l’inverse, les personnes noires, ayant un visage plus anguleux, étaient forcément inférieures.

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Stéréotypes supportés par des études scientifiques.
vu sur African Societies

Ensuite, le développement de la photographie a permis le développement d’un fonds d’étude anthropologique, pathologique, psychologique voire criminologique. On était effectivement persuadé que les tares mentales se reflétaient dans le corps : mens sana in corpore sano, dit-on. Les recherches anthropologiques listaient les types humains dans le monde ; celles pathologiques et psychologiques souhaitaient faciliter le diagnostic de l’hystérie, de la « débilité mentale » (sic) et autres maladies mentales ; celles criminologiques, enfin, cataloguaient tous les criminels et tous les délinquants qui avaient été jugés afin de déterminer quels sont les traits révélant une propension à la criminalité3.

muybridge

Etude de la démarche d’une femme descendant un escalier
Chronophotographie produite par Eadward Muybridge vers 1880

Les photographies issues des études pathologiques sont révélatrices de la mentalité de l’époque. Il n’était pas choquant pour eux de déshabiller une personne considérée comme folle à des fins scientifiques : on pouvait ainsi voir des chronophotographies permettant d’observer la démarche d’un vieillard nu entre deux infirmiers vêtus de pied en cap4. Il semblerait que quiconque est faible d’esprit n’a pas la liberté de contrôler son corps et son intimité car ils ne sont plus tout à fait humains : ils sont redevenus sauvages, mi hommes mi bêtes. Cette opinion se retrouvera d’ailleurs lors de la seconde guerre mondiale, lorsque les nazis conduiront des expériences diverses sur les prisonniers des camps de concentration : ils ne sont pas dignes d’être humains, mais ils peuvent servir la cause scientifique sans que l’on s’en émeuve.

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Des membres des personnels médicaux nazis
faisant des expériences sur un détenu
dans le camp de concentration de Buchenwald.
Vu sur le United States Holocaust Memorial Museum (en français!)

Les progrès techniques, symbolisés par la photographie, ont aussi apporté une vision artistique inédite qui a engendré un renouvellement du rapport au modèle et au corps humain. Le tirage photographique complète voire substitue le modèle vivant proprement dit, le délivre des contraintes de la pose et fait gagner du temps à l’artiste. D’ailleurs les modèles pour peintres servaient souvent de modèles aux photographes qui pouvaient être les peintres eux-même : Delacroix et Nadar sont deux de ces photographes de modèles.

modele-guillonet

Portrait-document (très soft, on en conviendra)
pour préparer une oeuvre du peintre Guillonet5
Vu sur Chapitre.com

Mais on l’a dit plus tôt, ces photographies destinées à l’étude artistique ont été détournées par l’industrie érotique puis pornographique qui profita du trouble entre sensualité artistique et érotisme. Ceci permit la concentration du regard sur le corps féminin pour lui-même plutôt que sur la femme, et conduisit aux photographies de stars à destination d’un public militaire puis aux publicités réifiant la femme. Il est difficile de déterminer à partir de quel moment ces publicités se diffusèrent et furent communément acceptées. Cependant, on peut se douter que ces publicités, destinées à un public masculin, sont apparues dans les années 50-60 quand les hommes étaient encore majoritairement ceux qui avaient du pouvoir d’achat. Toutefois, si l’on se penche sur les publicités conçues par Alfons Mucha dans les années 1850, on peut y trouver en germe le concept de femme-objet.

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Les Saisons vues par Mucha
Visible sur le blog de la boutique Victorian Lovers
  1. Les majuscules, ça fait toujours plus classe! []
  2. Sirtin en parle d’ailleurs sur son blog, allez voir son intéressante critique par là! []
  3. cela me fait malheureusement penser à la proposition de Sarkozy sur les délinquants âgés de trois ans… []
  4. Il est curieux de constater à quel point ces photos « dérangeantes » sont difficiles d’accès, même sur internet… Alors qu’on peut en trouver des pires []
  5. je connais pas ce peintre-là, mais j’ai pas trouvé de photo destinée à cet usage par des peintres plus connus. M’enfin ca vous donne déjà une idée! []

Date { Mardi 3 février 2009 }
Inventaire { La vie + Le corps }
Mots-clés{ }

Les constipés et les prostituées sont deux grandes catégories sociales qui, a priori, ne se croisent pas et s’ignorent, sauf à un moment précis : la guerre… On peut penser à Betty Page ou Marlene Dietrich, ces gonzesses dont on parlait y a deux jours, mais aussi aux jolies dondons chantées par les Poilus. Faudra que je vous en ressorte une, d’ailleurs… Bref ! On va parler de la guerre ! (et un tout petit peu de la paix… J’avais envie de parler des années hippies, mais j’ai pas eu assez de temps pour glaner plus d’infos dessus)

Guerres et paix

Quand on y pense, les dernières guerres ont marqué un tournant : plus de guerres « disciplinées » à l’épée et au corps à corps, on a développé les armes de destruction massive, les canons, les tanks, les fusils. Les combats deviennent de véritables boucheries déshumanisées, où le corps humain n’est plus que de la chair à pâté offerte en sacrifice. De là découlent nombre de traumatismes et un changement de regard sur le corps ainsi mutilé.

Les premières réflexions législatives sur les droits des personnes handicapées civiles ou militaires sont essentiellement dûes à la première guerre mondiale. En effet, ce n’est qu’après cette guerre que les mutilés de la guerre puis les accidentés du travail ont demandé une réparation de leurs préjudices, faisant ainsi jour à la notion de handicap. Avant cela, les individus handicapés ou mutilés ne devaient pas se montrer en société : ils choquaient. Leur handicap et leurs blessures étaient considérées comme honteuses, et l’individu lui-même était vu comme diminué.1 De l’utilisation des armes dites industrielles a découlé l’apparition d’un grand nombre de « gueules cassées » qu’on ne pouvait ignorer ni rejeter. il fallut donc les prendre en considération et leur assurer des droits, notamment le droit à l’emploi. La loi du 30 juin 1923 proposant des emplois réservés aux infirmes de guerre dans le secteur public, élargie au secteur privé par la loi du 26 avril 19262, en est un bon exemple : le handicap ne pouvait plus être dissimulé, il s’infiltrait dans la vie de tous les jours. Mais il faudra attendre les années 70 pour que les pouvoirs publics prennent réellement conscience des difficultés d’insertion sociale des dites personnes et s’intéressent véritablement à leur sort avec la loi d’orientation du 30 juin 1975 qui constitue une charte des droits des personnes handicapées au regard de l’éducation, du travail et de l’autonomie sociale.3

La visibilité du handicap physique est également reflétée en art, autant par des artistes qui ont vécu la guerre et en témoignent par leur médium de prédilection que par des artistes dénonçant les travers de la société de nos jours. On peut évoquer le travail presque documentaire d’Otto Dix, et surtout son triptyque avec prédelle4, La Guerre. Ce peintre s’est porté volontaire lors de la Grande Guerre par une volonté d’authenticité : il souhaitait vivre la guerre pour pouvoir la représenter de façon juste et pour transmettre le message suivant : « plus jamais ça ! »5.

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La Guerre
Peint par Otto Dix de 1929 à 1932

Dans une moindre mesure, les œuvres de Lucian Freud et de Francis Bacon qui proposent des visages et des corps presque torturés, convulsés, blafards, me semblent être le reflet des traumatismes dûs à la guerre. Le corps a souffert des guerres et des crises qui ont traversé la société. Il n’est alors plus lisse et académiquement beau, mais expressif voire déformé par la société dans lequel il est mis en scène.

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Autoportrait
Peint par Francis Bacon en 1971

Mais ces guerres ont également, en quelque sorte, permis le développement de la chirurgie urgentiste et esthétique. En effet, lors de la guerre de Sécession, lorsqu’on utilisa massivement les canons et autres armes dites industrielles pour la première fois de l’histoire, de nombreux soldats moururent simplement parce que les chirurgiens de l’époque étaient dépassés et ne savaient vraiment reconnaître les infections à temps : ils considéraient notamment que lorsqu’une plaie se couvrait de pus, c’était bon signe… Les guerres suivantes, et surtout les deux guerres mondiales, ont été un véritable champ d’étude et d’expérimentation pour la médecine.

amanda

Warhol’s Amanda as Marilyn
Photographie retouchée de David La Chapelle en 2002
Modèle : Amanda Lepore
  1. C’est gai… []
  2. Pas la peine de vous en servir à votre boulot si ça vous intéresse, ça a changé depuis je pense! []
  3. Depuis, on a eu la loi du 11 février 2005 []
  4. Le prédelle c’est le panneau en dessous du tableau principal []
  5. Osons le dire: il était maso []

Date { Dimanche 1 février 2009 }
Inventaire { La vie + Le corps }
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Hop, vous êtes prêts ? Vous avez tout, courage, aspirines et un peu d’intérêt pour la chose ? Oui ? Allez, on y va !

Vertus

Si toutes les époques affirmèrent que la pudeur était naturelle, chacune en avait une conception différente. Jusqu’à l’époque classique, on se base sur la conception chrétienne de la vertu, c’est-à-dire que l’on réprouve ce qui était réprouvé par la Bible et les textes religieux. Cependant, en remplaçant la loi dite divine par la loi humaine avec le Code civil notamment, le XIXème siècle est revenu à une conception de la vertu, de la pudeur et de la morale extrême. Ainsi, l’attentat à la pudeur des femmes de 1791 et l’attentat à la pudeur de 1810 donnent une définition légale de ce qui est devenu un délit à l’époque : l’attentat à la pudeur est désormais lié à l’exhibition de la chair sans exceptions. Donner le sein sur la voie publique est un délit, quel que soit le rang ou le genre de l’individu qui s’y adonne1. Il était mal vu qu’un mondain ne laisse dépasser un morceau de chair, que ce soit de la gorge, du bras ou de la cheville. C’est pourquoi, si la représentation de femmes nues était abondante dans les Salons, le portrait de Berthe Morisot au soulier rose2 a fait des gorges chaudes : elle était connue, issue d’une bonne famille et, par-dessus tout, c’était la belle-sœur du peintre.

Cependant, cette rigueur sociale ne s’appliquait législativement qu’en public.3 Tout ce qui se passe entre adultes consentants dans des lieux privés n’est pas poursuivi4. Ensuite, la nudité se définit prioritairement par la chair et non pas par sa représentation. Ceci permettait aux artistes de continuer à prendre des modèles pour leurs œuvres sans être poursuivis pour outrage à la pudeur. Le tableau de Courbet intitulé « L’Atelier du peintre » en est un témoignage.

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L’Atelier du peintre
Peint par Gustave Courbet en 1855
Actuellement au musée d’Orsay

Si on peut rencontrer nombre de nus dans l’art depuis ses origines, ces nus servaient toujours de prétextes à la représentation d’un mythe par la perfection corporelle. On notera dans la seconde moitié du XIXème siècle une évolution : le nu devient essentiellement féminin et plus frivole, afin de satisfaire les amateurs bourgeois plus friands de belles anatomies que de grand style. En ce sens, l’Olympia de Manet marque un tournant dans l’histoire du nu : la nudité y est représentée avec une certaine banalité plus proche de la vérité que de l’élégance. Après ce tableau, on pourra trouver nombre de scènes de toilette ou de bain qui donnent accès à l’intimité féminine, alors interdite au spectateur masculin. Le modèle vivant est plus représenté pour lui-même que pour servir le sens du tableau.

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Olympia
Peint par Edouard Manet en 1863
Au musée d’Orsay lui aussi

Cette plus grande liberté dans le nu artistique permet donc, après une longue évolution, le développement d’une industrie érotique puis pornographique, impossible à distinguer légalement de l’érotisme artistique. En effet, les premières photos érotiques vendues sous le manteau étaient initialement conçues pour l’étude anatomique des artistes. En outre, certains artistes recherchaient la polémique voire le scandale en contribuant à troubler cette limite entre art et érotisme. On peut évoquer les photographiques érotiques de Man Ray avec Kiki de Montparnasse5 et, dans une moindre mesure, l’Origine du Monde, de Gustave Courbet.

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L’Origine du Monde
Peint par Gustave Courbet en 1866
Au musée d’Orsay, club des peintures françaises du XIXe

L’explosion de ladite industrie pornographique6 conduisit à la réification du corps féminin, utilisé et manipulé par la jouissance masculine. Cette évolution était facilitée par la conception du rôle féminin considéré comme mineur dans la cellule familiale comme dans la société. Pourtant, ce fut lorsque les femmes acquirent des droits tant législatifs (vote) que sociaux (droit de travailler et abandon du corset) qu’elles furent plus médiatisées et que l’érotisation du corps féminin entra dans la publicité et dans les journaux. On peut supposer que les premières femmes à être ainsi utilisées furent Marlene Dietrich, Marilyn Monroe et Betty Page, pour créer du rêve en temps de guerre.

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Marlene Dietrich se préparant pour son récital
devant les troupes américaines en Allemagne, le 27 février 1945.
Photo prise par George Silk pour Life
Vu sur le charmant Divan Fumoir Bohémien.
  1. même les hommes ont pas le droit de donner le sein, ouaouh []
  2. voir l’article introductif pour la zolie image ! []
  3. ouf ! []
  4. d’où les nombreux bordels et le développement des clubs échangistes []
  5. Il y en a une montrant une fellation en gros plan, c’est vous dire… Mais ces photographies étaient faites pour un recueil de poèmes érotiques clandestin. []
  6. Y a qu’à aller dans un musée du sexe pour voir l’évolution de cette industrie. Celui de Paris est pas mal, mais je pense que le musée d’Amsterdam est mieux fait. []

Date { Dimanche 13 juillet 2008 }
Inventaire { La vie }
}

Les beaux jours sont bel et bien présents : sous les rayons chauds du soleil, les enfants jouent sur la plage, les pieds caressés par les vagues qui vont et qui viennent sur le sable humide. Au loin crient les mouettes à l’affût du poisson distrait. Mais on ne les entend guère, les cris des petits sont bien trop forts. Par ici des rires, par là des hurlements sauvages. Des « à l’abordage ! » fusent ; des épées de bois s’élèvent, s’agitent furieusement et retombent en un arc de défaite et de mort feinte avant de se redresser et de reprendre leur danse. Enfin le soleil rejoint son lit aqueux, enfin ces aspirants pirates s’en vont au lit. Mais, planté bien droit dans la mer, le drapeau noir claque toujours au vent…

Drapeau pirate volant au vent
Drapeau pirate photographié par Nick Humphries sur Flickr

N’avez-vous pas remarqué la recrudescence des crânes et des tibias croisés dans les magasins ? N’avez-vous jamais été surpris par le nombre d’accessoires (chaussures, bijoux, t-shirts, etc) portant ces symboles cadavériques avec ostentation ? C’est tout particulièrement visible cet été. On ne peut passer une journée sans voir au moins une tête de mort… Mais d’où vient ce signe ? Quelle est l’origine des drapeaux pirates ?

Oh le beau crâne !

Avant toute chose, désolée, mais l’origine exacte de ces drapeaux est inconnue. Ca, je ne pourrais y répondre. Mais on peut tout de même en dater le début. En fait, sa première apparition fut signalée vers 1700 : un bateau britannique, His Majesty’s Ship Poole, fut attaqué au large de Santiago de Cuba par un pirate français du nom de Emmanuel Wynne (pas très frenchie ce nom, je sais). Or, ce dernier arborait un pavillon noir avec tête de mort, tibias croisés et sablier, symbole du peu de temps restant à l’adversaire pour prendre une décision de combattre ou se rendre, et rappelant à chacun que la vie est fugace et n’est que du sable (c’est qu’ils sont spirituels, nos pirates !). Le crâne et les tibias sont bien évidemment le symbole de la mort, lequel fut utilisé par quelques armées européennes au XVe siècle avant que les pirates reprennent cette  » idée « .

Ces drapeaux étaient utilisés pour intimider l’ennemi ou la victime. C’est devenu au fil des siècles une part importante de l’armoirie des pirates. C’était une véritable arme psychologique, qui pouvait effrayer suffisamment l’ennemi ou la proie pour que ceux-ci se rendent sans combattre. Il y avait plein d’avantages : ni blessés, ni morts chez nos pirates et le bateau de la victime ainsi harponnée pouvait alors être pris sans dommage et donc conserver sa valeur. C’est que les préjugés sur nos mercenaires sanguinaires (ça rime) ont la vie dure : non, ils n’étaient pas riches et mangeaient rarement à leur faim ; non, ils ne vivaient pas longtemps ; non, ils ne se battaient pas pour la beauté du geste… Tous les moyens étaient donc bons pour s’assurer une pitance.

Rebelles et idéalistes

Peut-être étaient-ils affamés et désespérés ; peut-être étaient-ils issus du rebut de la société ; peut-être étaient-ils simplement arrivés à ce « métier » par de malheureuses circonstances. Toujours est-il qu’ils n’étaient pas que des brutes assoiffées de sang. Non, mesdames et messieurs, nos pirates ont des idéaux ! Nos pirates se rebellent ! Et le drapeau noir est parfaitement représentatif de cet état d’esprit.

Primo, le fond du drapeau. Qu’est-ce, à la base ? Une toile noire. Aujourd’hui, un tel étendard est associé au mouvement anarchiste, et ce, depuis les années 1880. Avant cela, il fut brandi le 2 mars 1871 lors de la parade des troupes prussiennes de Bismarck dans Paris vaincu : « les parisiens couvrent la ville de drapeaux noirs » racontera-t-on plus tard. Mais encore ?… Ce sombre étendard fut présent dans les rues lyonnaises lors de la révolte des canuts en 1831, face à la crise de la soie. On peut donc comprendre qu’à partir du moment où les pirates se servirent de cette toile macabre, elle représenta un signe d’insubordination vis à vis des États. Peut-être était-ce déjà le cas bien auparavant, mais l’histoire de la couleur est une histoire encore en chantier.

Secundo, les symboles sur le drapeau. Jadis, les drapeaux étaient bien plus complexes qu’aujourd’hui et portaient en eux un message, une symbolique. C’est pourquoi on n’a pas un seul mais plusieurs drapeaux pirates ; les plus connus d’entre eux permettaient d’identifier le chef du bateau pirate lorsque celui-ci était célèbre. Par exemple, Bartholomew Roberts avait la rancune tenace vis à vis des colonies de Barbade et de Martinique, alors il utilisait dans leurs eaux un drapeau présentant un pirate (peut-être Roberts lui-même) debout sur deux crânes. En dessous de ces deux crânes, l’on pouvait lire deux sigles : ABH et AMH, qui signifiaient « une tête de Barbadien » et « une tête de Martiniquais ». La menace était claire et les marins de ces colonies ne pouvaient s’attendre à aucune merci s’ils résistaient… Pour voir d’autres drapeaux de nos vilains méssants, allez voir par là : le Pavillon noir et le Jolly Roger.

Uh ? What ? Vous savez pas ce qu’est le Jolly Roger ? My Gosh, aurais-je oublié d’en parler ? Pas grave, on va le faire maintenant. Vous avez déjà pas mal d’explications au bout du lien ci-dessus, mais ça fera pas de mal de le répéter ici… C’est bien simple, le Jolly Roger est le nom donné au pavillon pirate représentant les symboles choisis par les pirates. Cette expression apparaît pour la première fois en 1724 dans le livre Histoire Générale des Pirates, attribué à un certain Captain Johnson. Certaines théories suggèrent que ce Captain serait un pseudo de l’aventurier et écrivain britannique Daniel Defoe, auteur de Robinson Crusoé que tout le monde connaît. Pour l’origine de cette expression, Wikipedia vient à notre aide :

L’origine du nom est inconnue et très contestée. Selon certains, le terme anglais « jolly roger » serait une déformation de « joli rouge », le rouge étant la couleur initiale de certains pavillons des pirates français. Il n’y a malheureusement aucune source d’époque qui atteste l’emploi de l’expression « joli rouge » par des marins francophones. En fait, les capitaines de vaisseau, non seulement les pirates, avaient parfois deux pavillons : l’un noir ou blanc pour intimer au bateau arraisonné l’ordre de se rendre sans combat ; le second, rouge, signifiait « pas de quartier » et mort assurée pour tout l’équipage du bateau abordé. Le drapeau rouge « sans quartier » est employé vers la fin du XVIIe siècle par les Marines royales (française et anglaise) ainsi que des corsaires des deux pays. Plusieurs historiens anglais préfèrent une explication basée sur l’utilisation du surnom « Old Roger » pour parler du diable.

Et aujourd’hui ?…

Pour trouver des pirates, allez dans les parcs d’attraction comme Disneyland ou le Parc Astérix. Vous pouvez aussi trouver quelques villes basant leurs revenus touristiques sur leur passé de villes à pirates. Je n’ai pas de noms là, désolée, snif !

Vous pouvez également acquérir des accessoires et vêtements avec le crâne et les tibias réglementaires. Une robe, des serviettes de bain, des bijoux… Faites votre choix, ce n’est pas ça qui manque en ce moment ! On en trouve même ça et là sur les murs… [ici à la sortie de la ligne 13, Porte de Vanves à Paris]

Mais il n’est pas nécessaire d’être rebelle ou fashionista pour avoir un crâcrâne. En effet, encore de nos jours, les sous-marins britanniques le lèvent en regagnant leur base. Il s’agit d’une tradition datant de la Première Guerre mondiale, où l’équipage d’un sous-marin arborait ce pavillon lorsqu’il avait accompli sa mission avec succès. Idem chez les pilotes d’avion américains. Eux ne le lèvent pas, non, non, ce serait trop risqué à la vitesse où ils vont, non, non… Eux les peignent à l’arrière de leurs avions ! Le premier Jolly Roger de l’aviation apparut le 1er janvier 1943. Ce pavillon de crâne-et-os croisés a orné une variété d’avions F4U Corsair jusqu’au F-14 Tomcat d’aujourd’hui. Bon, j’espère qu’eux montrent un peu plus de compassion que leurs aïeux pirates…


Date { Mercredi 16 avril 2008 }
Inventaire { La photo + La vie }
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Photographier les morts, c’est gore pour vous ?… Fuyez, fuyez donc pendant qu’il est encore temps !… Cette bulle macabre portera sur le sujet, bien plus complexe qu’il n’y paraît car objet d’une vraie tradition au XIXème siècle, dès la naissance de la photographie…

En deuil
Quatre femmes pleurant, vers 1878. L’image vient de là.

La photographie post-mortem était une des pratiques les plus communes du 19ème siècle, dès l’apparition du daguerréotype. Aujourd’hui, ce phénomène est fréquemment incompris. L’erreur de juger ces images comme macabres -comme le fit Nicole Kidman dans le film Les Autres- a causé la perte de milliers d’images qui étaient jadis si importantes pour le processus de deuil des proches.

Pourquoi cette coutume ?

Même si la mort est toujours prégnante dans notre vie quotidienne, une grande majorité des gens rejettent la mort sans aucun argument (comme mon frère qui a l’estomac un peu fragile, huhu). Mais au 19ème siècle, les choses étaient bien différentes… Vous en avez d’ailleurs eu un p’tit aperçu dans mes précédentes bulles, sur l’Inconnue de la Seine par exemple…

En fait, l’invention du daguerréotype, en 1839, a rendu le portrait plus commun, plus accessible. Nombre de ceux qui ne pouvaient se permettre la commande d’un portrait peint, avaient par contre les moyens de s’offrir une session de photos. C’était une méthode plus abordable et plus rapide qui permit aussi aussi aux classe moyennes d’avoir un souvenir, un memento mori des êtres qui leur furent chers : les premières photographies requéraient un bon moment de pose pour que l’image soit parfaite, le temps d’exposition étant assez long. (c’est d’ailleurs pour cette raison que la première photographie qui soit représente un corps de ferme vu par la fenêtre, plutôt qu’un animal ou une personne)

“What a comfort it is to possess the image of those who are removed from our sight. We may raise an image of them in our minds but that has not the tangibility of one we can see with our bodily eyes.”

« Quelle consolation c’est de posséder l’image de ceux qui ont été ôtés de notre vue. Nous pouvons bien sûr rappeler à notre souvenir une image d’eux, mais ça n’a pas la tangibilité d’une image que nous pouvons voir avec nos propres yeux. »

–Flora A. Windeyer, in a letter to Rev. John Blomfield, November 1870

Ces photos servaient moins à se souvenir de la mortalité que des personnes décédées. C’était particulièrement courant de photographier les nourrissons ou les jeunes enfants ; à l’époque victorienne, la mortalité infantile était particulièrement élevée : sur 4 enfants, 3 mouraient avant l’âge de cinq ans… La photographie post-mortem pouvait donc être la seule image que la famille ait jamais de l’enfant défunt. Pour cette raison, le défunt était mis dans ses plus beaux atours et, parfois, photographié parmi ses proches, comme s’il dormait. On va même jusqu’à peindre des pupilles sur les paupières closes pour donner une impression de vie, et « oublier » qu’il était mort au moment de la photo… Plus tard, l’invention de la carte de visite, qui permettait plusieurs impressions d’un même négatif, fut un moyen d’envoyer des copies de la photo aux parents et amis.

Ca a été hyper populaire vers la fin du 19e siècle, surtout en Europe et aux States. On peut évoquer le cas du décès de Victor Hugo… Il fut très visité sur ses derniers jours, par toute la société mondaine qui le fit photographier (par Nadal Nadar, siouplé !), peindre… On fit même un masque mortuaire le jour même de son dernier souffle… [quelques photos sont cachées dans les liens] Cependant, cette pratique disparut -pof- lorsque la photo « instantanée » devint plus courante, même si quelques photos post-mortem ont été prises au 20ème siècle…

Regain d’intérêt

Ces dernières années, suite au développement des études historico-sociologiques, l’intérêt autour des memoriae a pas mal grandi. Plusieurs expositions furent organisées, de nombreux livres furent publiés. Pour exemple, en 1998, le Teylers Museum, un musée scientifique à Haarlem dans la « banlieue » d’Amsterdam, présenta une exposition intitulée « Naar het lijk, het Nederlandse doodsportret, 1500 – heden », grosso modo « auprès du cadavre, les portraits mortuaires néerlandais, de 1500 à aujourd’hui ». Et en France, en 2002, le Musée d’Orsay proposa « Le dernier portrait », dont j’ai déjà un peu parlé dans la bulle sur l’Inconnue de la Seine.

Quelques liens

- Haunted when it rains : Collection de photos post-mortem victoriennes ; y a eu un livre.
- Early Visual Media – The Last Look : on y donne pas mal de liens vers des galeries de post-mortem.
- Gone but not forgotten – PBS
- Thanathos : « tempus fugit, mors venit »
- Paul Frecker : une galerie très importante sur le thème
- Naar het lijk, het Nederlandse doodsportret, 1500 – heden : catalogue de l’exposition en 1998 au Teylers Museum, Haarlem, Pays-Bas.
- Le Dernier portrait : exposition en 2002 au Musée d’Orsay, Paris

Quelques bouquins

En français, je ne connais que « Post-mortem », de Joëlle Bolloch, chez Actes Sud.
Sinon, y a les deux tomes de Sleeping Beauty par the Burns Press, sur les photos post-mortem (américaines essentiellement), qui sont semble-t-il une référence en la matière…

Et… Couic !

Mais vous aussi, vous allez mourir, vous savez ! Pour vous préparer à ce destin (atroce pour les uns, pour d’autres divin, ou même inintéressant pour certains), allez voir la Death Clock afin de vous donner une idée du temps qui vous reste selon votre humeur, qu’elle soit optimiste ou sadique ! Et dans le même but, vous pouvez réfléchir à ce que vous voulez faire de votre corps après la mort, grâce à ce documentaire sous-titré fort intéressant : Thanathorama. Comme ils disent, une aventure dont vous êtes le héros mort…

Alors, chuis gore ?

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