Un jour que l’on faisait les courses à deux, passant devant un fleuriste, il me dit “Vas-y, choisis celles que tu veux! Je ne t’en offre pas souvent, ce sera peut-être les seules de l’année alors profites-en!”
Je ne me suis pas fait prier plus (c’est que c’est vrai) et voici où sont les fleurs cette semaine…

Freesias et Narcisses voguant sur un nuage...

Admirez les bonnes grosses lunettes de frimeur que mon vampire mettait jour et nuit!
Le vampire grincheux et souffreteux qui loge chez moi vient de laisser tomber les lunettes et entrer la lumière, alleluia, alleluia!
Maintenant, il ne reste plus qu’à laisser le temps au temps, pour que sa vue se stabilise. En attendant, des gouttes dans les yeux matin et soir pendant plusieurs semaines seront son lot.
(et après on dit que les garçons ne pleurent pas!)
…et il s’agit du cher et tendre.

Seuls des rais de lumière passent... Pas plus.
Il a subi il y a quelques jours une opération des yeux au laser, histoire de pouvoir faire ses sports en y voyant clair et donc en comprenant mieux ce qui se dit autour de lui (oui, car comme moi, il est sourdingue). Après ladite opération, il faut rester dans la pénombre AVEC des lunettes de soleil : la moindre lueur un peu marquée gêne grandement…
Du coup, oui, je peux dire que j’ai Dracula dans mon lit. (mais il ne mord pas)
J’essaie tant bien que mal d’avoir un petit jardin chez moi, mais parfois je n’y comprends rien. Le climat d’ici n’est pas des plus tendres déjà, mais parfois les plantes elles-même me font des caprices et je n’arrive pas à comprendre ce qui ne va pas. Du coup, elles agonisent doucement sous mes attentions désespérées…
Ca a été le cas d’un pot de gueules de loup que j’avais acheté au printemps pour faire plaisir au cher et tendre dont c’est une des fleurs favorites. C’est qu’il adore quand on pince délicatement la fleur entre deux doigts et que, oh miracle, elle ouvre timidement la bouche…
Ces plants se sont bien portés pendant deux mois, puis au milieu de l’été ils ont commencé à dépérir comme s’ils avaient trop d’eau, ce qui n’était pas le cas. J’ai eu beau chercher des parasites, le mettre plus au soleil ou plus à l’ombre, rien n’y faisait. Mon départ en vacances d’août a été le coup de grâce, même si j’avais prévu un arrosage ; il a fallu en faire le deuil.

Oh les jolis minois!
Mais voilà ! Mi septembre, dans un pot voisin où je déposais les fleurs fanées, des semis inconnus étaient apparus. Le cher et tendre pensait à des repousses du chèvrefeuille qui y grandit doucement, moi j’avais des doutes. Et hier, ces doutes se sont envolés… Elle est revenue, la timide gueule de loup! Et elle fleurit de plus belle, à l’approche de l’hiver…
Aujourd’hui, je commence quelque chose de marquant ; quelque chose qui effraie beaucoup de gens, mais qui les enthousiasme également ; quelque chose qui surprend pas mal de mes connaissances qui ne me “voient” pas trop faire ce sport (ni aucun, à part dormir).
Ben oui, c’est un sport extrême. Ben oui, je suis pas trop connue pour mes efforts physiques (loin de là, même). Mais voilà : sport extrême, ouaip, mais sport pas physique ! C’est un sport qui demande de l’équilibre et de la souplesse, pas de l’effort musculaire (si on se contracte, on est moins stable!) mais plutôt de précision. J’y trouve même un peu de la natation synchronisée sans les maquillages et les colifichets…
…Vous ne voyez pas de quel sport je veux parler? La chute libre, voyons!

L'an passé, le baptême ; cette année, la formation!
L’an dernier, le cher et tendre faisait sa préparation accompagnée à la chute libre. J’étais allée le voir là bas et il m’y a surprise en m’offrant le baptême pour mes 25 ans! Je dois avouer que je ne m’y attendais pas, et que je ne m’imaginais pas non plus faire ça. Mais au final, j’ai pas flippé une seule seconde (sauf devant la porte au moment de sauter, quand même), j’ai plané du décollage à l’atterrissage (un peu comme si j’étais sous euphorisants) et, surtout, j’ai adoré.
Pourquoi? Car à partir du moment où l’on saute de l’avion, on n’a plus l’impression de tomber, mais plutôt de flotter au dessus d’une photographie géante. L’air nous caresse les joues, le temps s’étire : au bout d’une minute ou deux, on ouvre le parachute, mais avant cela, tant de choses, tant d’émotions! Après, il est temps de guider le parachute au dessus des arbres, des champs, des prés vers la piste d’atterrissage. Mais la tête, elle, reste dans les nuages…
J’ai donc candidaté l’année suivante à la PACsourds pour passer à l’étape suivante, et j’ai été prise. Nous serons donc 4 ou 5 élèves sourds rassemblés pour contempler le ciel d’en haut. Pourquoi si peu? C’est que normalement, ce sport est interdit aux sourds (tout comme l’aviation et d’autres sports) suite à nombre de craintes, mais surtout de préjugés. Une association, Vive la Chute, a donc formé il y a 6 ans une section sourds pour donner tort à cette interdiction et prouver que les sourds peuvent sauter aussi sans pour autant jouer les kamikazes…
…Donc à dans quelques semaines pour vous raconter tout cela! (je sens que si je vais aimer planer, je vais moins aimer plier les parachutes par contre)(mes abdos en souffrent d’avance)









