Hier, à travers de changeants champs,
Du jaune au violet, en passant par le rose,
Du vert, du brun et du gris partout
Et le ciel bleu tout autour

Derrière la montagne contournée,
Se cache un petit sentier
Paisible et agréable dans le frais
De ce matin venteux

Un observatoire immaculé mais jamais atteint
Un chemin d’agriculteur dans lequel on se perd
La crête arrondie et la falaise abrupte
Un serpent de bitume se déroule en bas

Des milliers de fleurs ici et là
Certaines étranges
Et d’autres odorantes
Font pour nos pas un tapis coloré

C’était derrière Sainte-Victoire
près du Col des Portes
En direction de l’Observatoire de la Sinne
Sur le sentier de la Citadelle…

Ouh la, ça fait bien longtemps depuis mon dernier passage ici… Il faut dire qu’entre temps la vie a pris toute la place -et la mort aussi, avec le décès impromptu de mon brave ordinateur- et que le temps passe si vite sans qu’on le réalise vraiment…
Que s’est-il passé depuis la dernière fois ?

Vue de la tête du Grand Puech, près de Mimet, le village le plus haut de la région
Il est une mer pétrifiée à l’est d’Aix-en-Provence, une mer dont les vagues furieuses se sont changées en pierre, frappant sans discontinuer le roc immense qu’est la montagne Sainte Victoire…

Entendez-vous le chant du ressac centenaire ?...
…et j’aime à la contempler.
J’essaie tant bien que mal d’avoir un petit jardin chez moi, mais parfois je n’y comprends rien. Le climat d’ici n’est pas des plus tendres déjà, mais parfois les plantes elles-même me font des caprices et je n’arrive pas à comprendre ce qui ne va pas. Du coup, elles agonisent doucement sous mes attentions désespérées…
Ca a été le cas d’un pot de gueules de loup que j’avais acheté au printemps pour faire plaisir au cher et tendre dont c’est une des fleurs favorites. C’est qu’il adore quand on pince délicatement la fleur entre deux doigts et que, oh miracle, elle ouvre timidement la bouche…
Ces plants se sont bien portés pendant deux mois, puis au milieu de l’été ils ont commencé à dépérir comme s’ils avaient trop d’eau, ce qui n’était pas le cas. J’ai eu beau chercher des parasites, le mettre plus au soleil ou plus à l’ombre, rien n’y faisait. Mon départ en vacances d’août a été le coup de grâce, même si j’avais prévu un arrosage ; il a fallu en faire le deuil.

Oh les jolis minois!
Mais voilà ! Mi septembre, dans un pot voisin où je déposais les fleurs fanées, des semis inconnus étaient apparus. Le cher et tendre pensait à des repousses du chèvrefeuille qui y grandit doucement, moi j’avais des doutes. Et hier, ces doutes se sont envolés… Elle est revenue, la timide gueule de loup! Et elle fleurit de plus belle, à l’approche de l’hiver…
…Surtout quand, un 1er octobre, on part se baigner sous un soleil tendre, devant une mer chaleureuse…

...même qu'elle était turquoise, la mer !...
(oui, je suis un monstre, oui)









