Beaucoup d’entre nous regardent les séries télé. Régulièrement, ou de façon plus sporadique. C’est qu’il y en a pour tous les goûts et que ça ne demande pas beaucoup de temps, pas comme un roman ou le journal Le Monde… Et surtout, on entre dans d’autres mondes, d’autres histoires, de façon visuelle et vivante. Là réside toute l’attractivité de ces soap opera.
Mais pourquoi ce nom étrange donné aux séries télé, « soap opera » ? Pourtant, ils ne chantent pas à tout bout de champ, et ne mangent pas de savon… (même si certains acteurs feraient bien de se laver la bouche avec du savon, tellement leurs réparties sont insipides)
pour les savons Camay donne une partie de la réponse…
(source: l’excellent album de pubs vintages compilé par Christian Montone)
L’origine de ce terme vient de l’histoire même des feuilletons radiodiffusés ou télévisés. C’est que les tout premiers feuilletons radiophoniques américains étaient produits et sponsorisés par des fabricants de savons et autre produits d’hygiène. Les plus connus de ces fabricants sont Procter & Gamble1 et Lever Brothers.
Ces feuilletons avaient pour but d’atteindre une audience majoritairement féminine : celle-ci était gestionnaire du foyer, donc une cible privilégié pour les fabricants de produits hygiéniques ; elle était aussi particulièrement friande de feuilletons papier2 pour sortir de son morne quotidien. Produire des séries radiodiffusées était donc une manière de faire de la publicité cachée tout en distrayant les femmes au foyer. D’ailleurs, ces premiers soap-operas étaient diffusés en semaine, à une heure où ils pouvaient être suivis par elles sans qu’elles n’aient à négliger leur époux3…
Les premiers feuilletons radiophoniques n’étaient pas aussi profonds et complexes que ceux que nous avons parfois aujourd’hui. Ils avaient plutôt tendance à « traduire » les supposés rêves de leur auditrices. Le schéma le plus courant était celui de la secrétaire épousant son patron… Il n’y a qu’à penser aux Feux de l’Amour ou à Amour Gloire et Beauté, pour avoir des exemples criants de ce qui se diffusait au tout début.
Mais petit à petit, les scénaristes de ces séries se mirent à rajouter des ressorts dramatiques (crise d’amnésie, enfants cachés, trahisons, accidents graves dont on se relève toujours, etc.), à utiliser le langage courant et à rajeunir la moyenne d’âge des personnages. Dans le même temps, la durée des épisodes s’allongea de quinze à trente minutes, voire soixante à partir des années 70.
(capture d’écran d’un des premiers épisodes de The Guiding Light)
Aujourd’hui, on ne sait pas exactement quel fut le tout premier soap opera télévisé. On croit que c’est The Guiding Light4, une série diffusée à partir de 1937 sous forme de feuilleton radio puis télévisé à partir de 1952, mais d’autres documents évoquent une série de 1946, War Bride. Elle racontait en 13 épisodes l’histoire d’un G.I rentrant de la guerre avec une nouvelle fiancée sans en avoir informé sa mère, fort déconfite. Mais on ne peut en être vraiment certains : beaucoup de feuilletons ont disparu sans laisser de traces car ils étaient à l’origine diffusés en direct. Mais il semblerait qu’ils suivaient généralement le même plan : dans le premier épisode, chaque personnage qui apparaissait pour la première fois était présenté par un texte incrusté indiquant son nom et la nature de ses rapports avec les autres. Les épisodes suivants démarraient avec un résumé du précédent, illustré avec des photos et récité par l’héroïne principale. Le tout était tourné pour moins de 300 dollars par semaine !
(capture d’une pub des années 50 pour les cornichons Heinz)
Voilà, maintenant on pourra frimer aux dîners mondains en parlant des Feux de l’amour sans honte ni complexes! Oh, et si vous avez envie de voir quelques pubs des années 50/60, vous trouverez votre bonheur par là…
- propriétaires entre autre des marques Oral-B et Pampers), Colgate-Palmolive ((oui, le même que pour nos dentifrices actuels [↩]
- on se souviendra d’ailleurs que les premiers romans étaient publiés sous forme de feuilletons et méprisés par la gent masculine… [↩]
- il a travaillé si durement pour nourrir sa famille, le pauvre, il a bien le droit qu’on lui apporte ses pantoufles et qu’on lui laisse la télé! [↩]
- connu en France sous le nom de Haine et Passion [↩]
D’incidents anodins peuvent parfois naître de grandes idées. Ce fut le cas pour les délicieuses bêtises de Cambrai, pour la tarte tatin et aussi pour le photographe québécois Ulric Collette qui vaquait tranquillement à ses occupations de photographe avant de concevoir ce projet génial. Comme beaucoup d’entre nous, il faisait une série de photos de son fils dans le style « un portrait par jour ». Or donc, vers 2008, il vaquait tranquillement à ses occupations, manipulant lesdites photos, essayant de voir à quoi ressemblerait son fiston plus âgé. Hop, une photo de lui-même ; hop, on colle les deux photos ensemble, joignant les deux bouches, les deux nez, les deux fronts…

…Et voilà, le projet des Portraits génétiques était né ! Car le résultat de l’association des deux visages était percutante tout en montrant à quel point les uns et les autres se ressemblent. Peu importe l’âge, peu importe le genre, peu importe le degré de parenté : tout le monde est mélangé, rassemblé, réuni avec une autre moitié ! C’est parfois étrange et drôle comme quand il associe son visage à celui de sa cousine Justine (ci dessous). Mais la plupart du temps, ces visages doubles paraissent tout à fait normaux (en passant outre les demi-barbes !) et il faut s’y reprendre à deux fois avant de réaliser que ces visages ne sont pas réels…

Vous voulez jeter un oeil à toute la série ? C’est par là, chez Ulric Collette !
Cet été, je suis allée dans les Pyrénées pour trouver un peu de fraîcheur, loin de la Provence où j’habite. Et je suis plutôt bien tombée : un petit vent frais, beaucoup d’ombrage et de petites bourgades calmes, à l’architecture intéressante. Une d’entre elles m’a intriguée : la cité médiévale de Mirepoix, toute mignonne et toute quadrillée.
Car si on regarde l’histoire de l’urbanisme tel qu’il est enseigné à la plupart d’entre nous, on a grosso modo plusieurs strates urbaines correspondant à différentes politiques de la ville :
- Avant l’époque romaine, des maisons agglomérées les unes auprès des autres ;
- A l’époque romaine, de grandes lignes droites pour les avenues principales, et des rues annexes parfois plus sinueuses ;
- Au Moyen-Âge, l’église et/ou le château dominent les communautés, qui s’agglomèrent autour de ces deux grands bâtiments tout en suivant le relief ;
- Par la suite, une réglementation de l’urbanisme se développe petit à petit, définissant une largeur des rues, une linéarité de façade, etc.
- Mais l’urbanisme en tant que tel ne se développe vraiment qu’avec l’arrivée de la voiture qui a besoin de grandes voies à angles droits et du développement des industries.
Cette « histoire » synthétique condense simplement ce qui nous est généralement dit en cours d’histoire-géo, quand on aborde un tant soit peu la question de l’urbanisme. Mais la réalité est bien plus complexe…
Oui, bien plus complexe car la cité de Mirepoix, dont je parlais plus tôt, est une bourgade construite sur un plan carré, avec de grandes lignes droites et des îlots d’habitation de taille et forme identique. Cette bourgade, telle qu’elle existe aujourd’hui, a été construite en l’an 1289, suite à une crue de la rivière voisine qui détruisit l’ancienne cité.
Et l’an 1289, c’est à l’époque médiévale que je sache ! Il était donc temps de se renseigner plus avant sur les origines de cet urbanisme géométrique développé bien avant son temps (d’après ce qu’on m’avait enseigné en tout cas!)…
De mes recherches, voici ce que j’ai glané. Le XIIIème siècle était une période faste au niveau démographique et économique, grâce à une période de paix relative qui dura 150 ans. De fait, développer une politique d’aménagement de territoire a été ressenti comme un besoin par certains seigneurs, autant laïcs (châtelains, comtes voire même les rois de France et d’Angleterre) que religieux (abbés, évêques…). Ceci devait leur permettre de mettre en valeur des terres agricoles peu exploitées, de développer foires, marchés et échanges économiques, tout en organisant la vie sociale. De là, la naissance de plusieurs centaines de bastides régies par un plan régulier.
La structure de la bastide part d’un principe simple issu du monde gréco-romain : quadriller l’espace choisi pour composer un assemblage de parcelles d’habitation souvent identiques autour d’une grand-place permettant d’accueillir une foire ou un marché. De cette manière, aucune perte d’espace et une circulation facilitée car tout cet assemblage est divisé par un réseau de longues rues se coupant à angle droit ; les principales voies, appelées rues charretières, aboutissent toutes au centre de la ville. Ainsi, les déplacements et les échanges marchands sont facilités, les habitants peuvent se rassembler en un point précis pour tout événement de la vie communautaire. Toute cette structure n’est cependant pas rigide : elle s’adapte à la topographie du lieu choisi et n’est pas toujours coupée des habitations plus anciennes (comme c’est le cas à Mirepoix) ; la bourgade peut ainsi se développer sur un côté d’une cité plus ancienne, ou le long d’une falaise.
A Mirepoix, chaque îlot d’habitation (ou « moulon ») rassemble à son tour un nombre défini de parcelles hébergeant chaque fois une maison ouverte sur la rue et un bout de cour ou de jardin derrière la maison, donc invisible de la rue. Ce quadrillage va même plus loin : la largeur de chaque maison correspond à la portée maximale d’une poutre en bois, soit 8 à 12 mètres. Et la longueur de la parcelle correspond au double ou triple de ladite largeur. Ce jeu de proportions donne une certaine harmonie à la cité, et témoigne des premières applications architecturales d’un idéal d’équilibre développé à la fin du XIIIème siècle.
Et vous savez quoi ? Cette recherche d’harmonie par les proportions, on la retrouvera par la suite dans toutes les grandes demeures jusqu’au XIXème siècle voire aujourd’hui… Ainsi, la grosseur d’une colonne dépendra de sa hauteur, mais aussi de la largeur du monument qu’elle orne ; un hôtel particulier aura souvent un nombre impair de fenêtres pour créer une symétrie ; la hauteur d’un couloir dépendra de sa longueur et de sa largeur… Tout est rythme, tout est proportions, tout est harmonie !
(Oh,et si vous souhaitez en savoir plus sur Mirepoix, la dormeuse blogue pas mal dessus !)
Aujourd’hui, nous allons parler du gribouillage et de son intérêt dans la vie de tous les jours. Pour ce faire, je vais laisser la parole à quelqu’un d’autre, mais avant cela, je dois vous présenter un peu TED…
TED est une association à but non lucratif qui s’intéressent aux « Idées Dignes d’être Diffusées ». Son histoire avait commencé en 1984, sous la forme d’une conférence rassemblant des individus issus de trois mondes différents : la Technologie, les loisirs et le Design. Depuis, l’éventail s’est enrichi et les intérêts se sont élargis. Maintenant cette association fait plusieurs conférences par an et gère un site de vidéoconférences qui sont pour la plupart sous-titrées. L’intérêt de ces vidéoconférences ? C’est d’arriver à intéresser son public et à lui transmettre une info ou une idée en moins de 20 minutes.
C’est justement dans le cadre d’une conférence TED que Sunni Brown intervient. Elle a publié un livre qui traite de l’augmentation de la productivité par l’art et le jeu. Mais il vaut mieux que je lui tende le micro, elle vous expliquera tout ça mieux que moi et ce, en moins de 6 minutes !…
En conclusion, où que vous soyez, à une conférence, dans un cabinet de gestion de crise ou aux toilettes, n’hésitez pas à gribouiller, c’est bon pour votre mémoire ! (plus que de manger du poisson en tout cas!)
Aujourd’hui est un grand jour pour la photographie : son anniversaire « officiel » ! Eh oui, c’était le 7 janvier 1839 que le daguerréotype, ancêtre de la photographie, fut présenté au monde…
En effet, l’un des inventeurs de la photographie, Louis Daguerre, s’était mis en contact avec divers savants reconnus, dont François Arago. Ce dernier était un homme politique et un scientifique célèbre de son époque, allant jusqu’à intégrer l’Académie des Sciences à l’âge de vingt-trois ans. Il avait fait des recherches assez approfondies sur l’optique et l’astronomie, et avait tenté d’inventer un procédé de photographie, sans grand succès. C’est pourquoi il fut vivement intéressé lorsque Louis Daguerre lui fit la démonstration du Daguerréotype, jusqu’à annoncer officiellement cette invention par une communication à l’Académie des sciences le 7 janvier 1839.
« Tout le monde, dit M. Arago, connaît l’appareil d’optique appelé chambre obscure ou chambre noire […] tout le monde après avoir admiré ces images, s’est abandonné au regret qu’elles ne pussent pas être conservées.
Ce regret sera désormais sans objet : M. Daguerre a découvert des écrans particuliers sur lesquels l’image optique laisse une empreinte parfaite ; des écrans où tout ce que l’image renfermait se trouve reproduit jusque dans les plus minutieux détails, avec une exactitude, avec une finesse incroyable. En vérité, il n’y aurait pas d’exagération à dire que l’inventeur a découvert les moyens de fixer les images, si sa méthode conservait les couleurs […].
Extraits du compte-rendu réalisé par François Arago, le 7 janvier 1839
Plus tard, Arago fit en sorte qu’une loi soit votée pour acquérir le nouveau procédé de photographie contre une pension annuelle de 6 000 francs à Daguerre et de 4 000 francs au fils de Nicéphore Niépce, créateur originel de la photographie. Le 19 août 1839, les détails techniques sont présentés devant les Académies des sciences et des Beaux-Arts, et la photographie devint un outil public que tous s’arrachèrent si on en croit certains témoignages de l’époque…
Une heure après, toutes les boutiques étaient prises d’assaut. Mais il n’a pas été possible de rassembler assez d’instruments pour satisfaire la marée des daguerréotypeurs en herbe. Quelques jours plus tard, on pouvait voir sur toutes les places de Paris, face aux églises et aux palais, des chambres noires montées sur leur trépied. Tous les physiciens, chimistes et intellectuels de la capitale polissaient des plaques argentées. Même les épiciers prospères n’ont pas pu se refuser le plaisir de sacrifier un peu de leurs ressources sur l’autel du progrès, en les laissant se volatiliser avec de l’iode et fondre dans les vapeurs de mercure.
Un témoin cité par Helmut Gernsheim dans son Histoire de la Photographie









